20/11/2006

Concourons tous à l’amélioration nécessaire de la race humaine

Etes-vous content de la situation mondiale ? Parfait, c’est vrai que cela ne vous empêche pas de vivre au jour le jour. Et la situation dans votre pays, en France ? Oui, vous n’y pouvez pas grand chose à toutes ces tragédies se produisant jour après jour, les suicides, meurtres.

Et cela ne vous touche pas en fait directement. Mais dans votre quartier ? Le fait de devoir essuyer des insultes si vous demandez à un enfant d’avoir une meilleure attitude, de ne pouvoir quitter votre logement sans tout sérieusement cadenasser, ce qui ne vous empêche nullement le risque de trouver tout volé et saccagé de surcroît à votre retour.

Pouvoir être agressé en n’importe quel endroit de votre parcours anodin, sans que quiconque ne réagisse. Voir votre pouvoir d’achat érodé ou sérieusement écorné par les malversations continuelles d’élus politiques, chefs d’entreprises diverses. Pouvoir mourir simplement en mangeant un peu de viande de vache folle, quelques plantes irradiées par les retombées du nuage de Tchernobyl.

Avoir une transfusion sanguine atteinte du virus du sida à l’hôpital, vivre tout simplement à l’ombre d’un nuage radioactif… même tous ces faits avérés ne vous interrogent pas ? Pourtant, ils se sont tous produits, étaient aisément prévisibles, en fait ont été volontairement produits, pour de l’argent, pour ne pas remettre en cause des décisions politiques, pour ne pas remettre en cause des décideurs politiques, ou tout simplement par l’inertie, la corruption de base, le mauvais fonctionnement que tout le monde connaît en bien des points de notre vie.

Tout cela, vous le savez, en avez certainement bien d’autres exemples dans votre vécu quotidien, pour vous, vos proches, ou des inconnus. Pourtant, tout ce qui arrive à d’autres peut fort bien vous arriver à tout moment.

Etre fauché dans un passage pour piétons par une automobile grillant un feu rouge, frappé d’un coup de couteau pour avoir voulu récupérer votre portefeuille en train d’être volé, et tant d’autres, et tant d’autres possibilités d’être meurtri dans votre chair ou esprit, ou ceux de vos proches. Vous devriez réfléchir à tous ces faits, petits et grands, anodins ou tragiques, qui vous détruisent votre vie. Bien sûr, vous y avez réfléchi depuis longtemps. Mais voilà : qu’y faire ! Simple fourmi de l’humanité, que vous soyez petit ou grand dans l’échelle sociale, qu’y pouvez-vous !

Et vous avez bien raison, vous n’y pouvez rien, personne n’y peut rien. Pourquoi donc s’acharner à vouloir l’irréalisable, l’impossible, comme de demander aux décideurs, mais aussi à tous de dire la vérité simple, simplement énoncée, de faire ce qu’on dit, de dire ce qu’on fait. Simple… oui, c’est bien simple que tout cela.

Mais pourquoi le faire, alors qu’en mentant on peut s’enrichir parfois facilement, profiter d’avantages indus, frauder telle règle sociale, légale, réglementaire ou autre. A vous de décider. Quel est votre bonheur : de l’argent, plus d’argent, vivre dans votre coin, ou même avec vos amis, sans tenir compte du reste de la société, faire ce que vous pouvez pour être heureux, et tant pis pour les autres ? Ou tant pis pour vous ?
Et tant pis pour moi qui suis votre frère humain !

Je ne suis pas le représentant d’une secte, même pas d’un courant de pensée. Personne n’est derrière moi, personne ne me soutient. Il n’y a que vous, et tous ceux qui liront ce livre, qui peut-être, peut-être, pourront s’engager un peu plus loin dans l’élaboration de la fratrie humaine. Pour le bien de tous.

Alors évidemment, je ne vous promets pas une subite amélioration, la fin de tous les crimes, malversations, vols, meurtres, délits, mensonges, malheurs. La vie ne sera pas rose demain, ne sera jamais totalement rose. Il y aura toujours des écrasés sur la route, des bébés naissant mal formés, des malheurs humains multiples et aussi variés que nous le sommes sur terre.

Nous avons mis 500.000 ans à trouver la manière de faire du feu, quelques dizaines de milliers d’années supplémentaires pour savoir travailler le bronze, le fer, cultiver la terre. Et puis subitement l’évolution s’est considérablement accélérée. Les grandes maladies ont disparu, au moins des pays les plus riches.

Les gens dits anciennement du peuple se sont retrouvés devant une opulence faramineuse que des millions d’années d’histoire humaine n’ont jamais précédemment permis, sans même qu’ils n’en soient conscients, bien au contraire, on se juge plus malheureux que jamais les gens ne l’ont pensé de par le passé, refusant son sort, tombant en maladie psychiatrique, dépression, abruti de faux plaisirs tels que drogues diverses : alcool, tabac, interdites, télévision, sexe, argent ; conduites à risque : vitesse automobile, sports dangereux, exploits gratuits risqués.

Les progrès scientifiques, techniques sont formidables, toujours plus rapides à être produits et directement exploitables pour le bien de tous dans la vie quotidienne. Seulement, peu de personnes en sont véritablement conscientes. Et même ceux et celles le comprenant n’en sont pas heureux pour autant. Tourner un robinet chez soi et avoir de l’eau froide ou chaude à foison, propre et potable est considéré comme normal, alors que plusieurs centaines de millions de personnes de par le monde en sont privées, et que tout l’humanité derrière nous n’y a jamais eu accès, rois et reines, empereurs compris. Et tout peut se considérer ainsi, depuis le vêtement qu’on achète jusqu’à la voiture utilisée, en passant par absolument tout ce que l’être humain a inventé et produit.


Mais voilà. Que l’on soit conscient de tout cela, ou qu’on ne le soit pas ne change guère son état de bonheur intérieur. Car l’argent, le confort font peu pour la joie qu’on éprouve à vivre. Pendant des millénaires l’homme a pu croire que trouver à manger, boire, se sécuriser contre le froid, chaud, danger, suffisait parfaitement à lui faire connaître le bonheur total. Il n’en est rien. Aujourd’hui, que de vies brisées, haineuses, victimes de la peur, de la rage, de l’isolement affectif ont tout cela, plus ou moins cloîtrées chez elles.

Il est temps de passer à la plénitude de l’être humain. Cela signifie non plus de se rendre heureux dans son coin avec ses biens, ses amis, mais de rendre heureux l’ensemble de la planète, non pas simplement au point de vue matériel, ce qui est aisément réalisable en un temps assez bref, mais psychiquement parlant. Le bien matériel ne suffit absolument pas pour être heureux, comme le démontrent tous ces jeunes apparemment pourvus de tant de biens, mais si malheureux de leur vie.

Cela ne correspond pas seulement à la crise dite d’adolescence, puisqu’il est manifeste que l’être humain ne sait plus être heureux en couple, en famille, avec des amis souvent. On connaît plus de gens que jamais on a pu en connaître depuis les débuts de l’humanité, dans la terre entière, d’un clic d’ordinateur, d’un coup de téléphone, ou tout près de chez soi. Mais la profusion ne fait pas naître la richesse du cœur, d’autant moins en fait qu’on se dit toujours qu’il suffit d’aller chercher ailleurs ou plus loin ce qu’on ne trouve apparemment pas dans son jardin.

La fleur qu’on a chez soi ne vaut que si on a eu de la difficulté à l’obtenir, l’entretenir. Si on se dit qu’en la jetant, on peut en avoir des milliers d’autres, eh bien ces milliers d’autres n’auront pas plus de valeur que la première, car on pourra en avoir à nouveau des milliers d’autres. Or, connaître un être humain ne se fait pas d’un coup d’œil, ni même se connaître soi-même d’ailleurs.

On le sait bien dans notre société capitaliste : seule la rareté ou son sentiment fait la valeur de quelque chose. Les premiers plastiques étaient hors de prix, et du fait même que peu de gens pouvaient se les offrir, ils étaient synonymes de luxe extraordinaire ; plus tard, du fait de leur profusion, ils se trouvaient vilipendés, infériorisés, personne n’en parlait autrement que par le mépris, n’y voyant qu’objet utilitaire pur.

Mais qui donc veut encore se donner la peine de s’attacher à connaître l’autre, ou même à se connaître soi, tâche si difficile, contrariante, source de souffrances, à l’ère du plaisir facile ? Cela semble si facile d’obtenir tous ces plaisirs, qu’un peu de technique, d’argent, met à portée de main. Mais voilà, tous sont autant de leurres, du fait même de la facilité à les obtenir. On n’obtient qu’un chiffon à la place de l’or promis.

Le bonheur de l’autre est l’assurance de ton bonheur. C’est comme élever un enfant. Quoi de plus riche que d’éduquer jour après jour un enfant, un enfant qui vous révèle toutes les failles si douloureuses présentes en vous, et qu’on doit résoudre et surmonter une après l’autre, afin de pouvoir lui donner tout le bonheur auquel il a droit, que souvent on veut lui apporter.

Pas de manuel apprenant à éduquer un enfant, car en fait il faut d’abord faire sa propre éducation afin ensuite de pouvoir la transmettre proprement à ses enfants. Car nous sommes tous et toutes le produit de l’héritage culturel de nos parents et de nos aïeux, et dans cette culture se place pleinement toutes les souffrances familiales secrètes, souvent irraisonnées, que les protagonistes chargés par leur destin de les transmettre ignorent au fond de leur conscience.

Quel est ce destin ? Est-ce celui produit par notre génome, éducation ? En fait, il s’agit de tout ce que nous lègue notre famille, terribles distorsions impossibles à constater par notre seule volonté ou action. L’aide d’amis, de psychothérapeutes sera nécessaire. Evidemment, tout le monde ne le fait pas, n’a pas forcément besoin de le faire.

Pourtant, tout le monde souffre de son éducation, quand bien même aurait-elle été parfaite, car en fait la perfection n’est pas humaine, n’est pas tout simplement, n’est qu’une vue de l’esprit humain. Après, une fois né, une fois éduqué, une fois adulte, on arrive ou non à vivre avec son acquis ; mais le plus souvent, que de dégâts causés en son fort intérieur, que l’on transmettra tout autour de nous, notamment à nos enfants.

Vous en doutez ? Regardez les enfants des banlieues pauvres, incendiant jour après jour poubelles, voitures, locaux divers, accueillant policiers, pompiers.. à coups de jets de pierre, réfrigérateurs jetés des étages sur eux… ce sont des fous, des déments, dégénérés, bons à frapper, à enfermer en prison ou en hôpital psychiatrique, à mettre sur une île déserte.

Mais que nous disent-ils ainsi, sinon leur souffrance à ne pas avoir été aimés, compris, intégrés, ne comprenant rien à cette société donnant plus de valeur à un chat de compagnie, à la télé, frigo, dernière babiole que vous venez d’acheter, alors qu’ils voient près de chez eux, sur leur chemin, quelqu’un dormant dehors par terre, leur famille être au chômage, leur vie condamnée à obéir à un patron sans plaisir, sans intérêt dans leur travail, forcés d’entrer dans une société qu’ils vomissent, qui les vomit tant qu’ils veulent bien se faire oublier, et qui ne s’occupe d’eux, pourtant bien mal, que lorsqu’ils se mettent à lui faire peur.

Il serait faux de ne parler que de ces jeunes. Les enfants se sentant si mal sont légion. Parfois, ces enfants sont devenus d’apparents adultes, subissant leur sort, leur solitude réelle ou affective, faisant le gros dos, la société leur ayant puissamment appris à se taire, et à vivre ainsi sans aucun intérêt de vivre. Certes, de temps à autre l’un d’entre eux pète un plomb, prend un fusil et tire sur n’importe qui ou presque ; divorce, abandonne ses enfants nés ou à naître, frappe sa femme, ses enfants ; tue, vole, fraude.

Mais l’immensité se tait. C’est cela la force surprenante de la société dite de consommation. Avoir fait croire que vivre était consommer, et que rien d’autre ne pouvait faire votre bonheur, hors posséder la dernière chose à acheter. Cela fonctionne bien. Ainsi le chômeur préfère crever lentement dans son coin que de brandir une pancarte contre les autres, s’estimant seul coupable de sa situation funeste.

Le clochard ou dit SDF meurt dans un squat, sur une bouche d’aération de métro dispensant un peu de chaleur physique plutôt que de tuer n’importe qui dans la foule pour défouler sa colère, sa haine contre la terre entière, et d’abord sa haine contre lui. Mais de colère en a t-il encore, n’a t-il tout simplement pas honte. C’est nous tous qui devrions avoir honte, honte de cet état de fait, honte d’exister lorsque tant d’autres souffrent et meurent, alors qu’une décision politique, un peu de chaleur humaine pourrait aisément ôter 99 % de ces souffrances et de ces morts.

L’être humain a transfiguré la nature, pas toujours en bien, mais s’est rendu en grande partie indépendant de ses vicissitudes telles que le froid, la faim, le danger, la maladie… il lui reste à se transfigurer lui même, cesser de croire qu’il doit écraser l’autre pour évoluer. Certes, tout le monde ne sera pas ingénieur, médecin… mais l’ingénieur, le médecin, a t-il si envie d’exercer son métier ? Surtout de le faire à vie ? On peut être très heureux à nettoyer par terre. Personnellement, si deux heures par jour je dois nettoyer mon quartier, la certitude de bien faire,

L’argent, le statut social sont des raisons fortes, mais insuffisantes pour faire le bonheur. On peut créer une autre société. Le communisme le voulait, s’est complètement cassé la figure. Le capitalisme, société libérale, reste de fait la seule solution présente, mais imparfaite pour faire le bonheur de l’être humain. Il reste à construire, jour après jour, un autre choix possible.

Sans doute vous souvenez-vous encore du drame de la jeune Sohane, brûlée vive à 17 ans à Vitry sur-Seine (Val-de-Marne), en Octobre 2002, aspergée d'essence dans un local à poubelles par un copain de cité, en bas d'un immeuble HLM, au pied des barres gris et blanc de la cité Balzac, victime d'un geste aussi horrible qu'incompréhensible pour une querelle obscure et dérisoire.

Cela vous a très certainement révolté. Dans le tumulte confus de l’actualité où un événement (en général horrible, car sinon ce ne serait pas très intéressant) chasse l’autre, l’horreur de ce drame a dû vous laisser des traces. Or, l’humain ne peut supporter ce qui choque par trop son esprit, il a besoin de rationaliser, comprendre, mettre les choses à sa sauce.

Vous avez donc certainement considéré que le criminel ayant brûlé son amie était un dément, ou que c’était pour le moins un geste de folie peut être passionnelle. Hélas, ce que vous ne savez sans doute pas est que ses petits copains ont tracé après le drame des inscriptions traitant Sohane de pute, disant qu’il était très bien de l’avoir brûlée. Hé oui ! A froid, si l’on ose dire, les criminels ne regrettaient pas ce geste, bien au contraire.

C’est dire par là toute l’éducation qu’il reste à faire pour faire entrer les valeurs de notre civilisation millénaire dans toutes ces jeunes têtes qui représentent pour beaucoup autant de désorientés. Civilisation millénaire ne veut pas dire chose bonne forcément.

Car ces criminels se réclament en fait plus ou moins implicitement d’une autre civilisation aux origines encore bien plus anciennes que la nôtre : l’empire ottoman, ayant produit des pays comme l’Arabie Saoudite, le Yémen, le Pakistan, l’Afghanistan, entre autres, où la lapidation d’une femme adultère, ou ayant tué son mari qui lui a été imposé de force, la battant comme plâtre par exemple, est considéré comme un beau spectacle fort juste, alors que son mâle peut convoler comme il lui semble, tuer pour l’honneur sans que l’état ne considère qu’il y a lieu de s’interposer.

Coutumes barbares dites-vous, et c’est peut être vrai. Mais il ne faut pas oublier notre moyen âge où il était fréquent que les jeunes mâles célibataires venaient forcer la porte des jeunes filles honnêtes mais désargentées, au su de tous, la violaient collectivement (eh oui, les tournantes de l’époque dans notre beau pays, produites par des français pure souche). Il ne restait plus qu’à la malheureuse, honnie par le bon public ayant laissé faire, de se prostituer pour survivre.

Alors vous savez, plutôt que d’incriminer stérilement telle ou telle civilisation, soyons humble, et concourons tous à l’amélioration nécessaire de la race humaine.

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