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04/02/2007

L’extraordinaire puissance de la grande distribution

Vous savez ce qu’est la démarque inconnue ? Il s’agit de l’ensemble des vols opérés dans les magasins, ainsi pudiquement nommés. Cela représente 1 à 2 % du chiffre d’affaires. Tous ces petits voleurs se font souvent arrêter, ont de plus en plus de mal à opérer avec les systèmes antivols de plus en plus sophistiqués, et risquent opprobre publique, amende et prison s’ils sont pris, surtout récidivistes.

Mais il en est que la loi n’atteint pratiquement jamais, oeuvrant en toute impunité aux yeux de tous pourtant : ce sont précisément ces grandes chaînes. Leurs bénéfices sont colossaux, permettant par exemple au groupe Carrefour d’ouvrir une centaine de nouveaux hypermarchés par année dans le monde, les rentabilisant au plus tard dans les trois ans : c’est dire la puissance de telles entités. Imaginez-vous acheter un logement tous les trois ans ? Ou cent par an ?

Voici leurs principales sources de bénéfices :

1 ) Les marchandises vendues
Fruits vendus à moitié pourris, ou pourrissant rapidement une fois achetés, ou au contraire si durs que vous devrez attendre une semaine chez vous pour qu’ils maturent enfin. Lumières spéciales colorées destinées à les rendre plus beaux, mûrs, donc mensongères. Objets vendus cassant très rapidement : les magasins ne font aucun test avant de les vendre, se contentant d’en tirer le maximum de gains.

Vous pouvez certes rendre un objet ne vous plaisant pas, dans un délai court, avec votre ticket de caisse, dans son emballage d’origine : beaucoup de conditions qui font qu’ils ont en fait peu de retour. En plus il faut longuement faire la queue. Ceci est fait exprès pour vous décourager au mieux possible de venir rendre une marchandise.

2 ) La manière de vendre
Vous l’avez remarqué : les rayons changent sans arrêt de place. Ceci n’est pas dû à une nouvelle organisation de vente, mais à une politique délibérée pour désorienter le client dans le magasin. Vous êtes venu acheter un paquet de sucre, mais vous devrez passer un peu partout pour le trouver. Ainsi vous regarderez partout, serez tenté par l’achat de tel produit que vous ne vouliez aucunement acheter primitivement.

Promotions constantes et bidon sont là pour vous attirer. Regardez bien ces fameux prix d’appel : souvent en fait leur prix est supérieur à celui normal, pour le même produit, mais dans un autre conditionnement. Ici : trois boites de machin pour 6 euros. Là, une seule boite de machin pour 2,5 €. Donc, forcément, vous y gagnez. Mais non, car le poids n’est pas le même. Parfois, dans les trois boites, on vous vend un assortiment dont vous n’avez rien à faire, pour vous faire goûter de force un autre plat, sans que vous ne le voyiez trop.

3 ) Le non respect de la loi sur l’étiquetage
Normalement, tout doit être étiqueté : prix indiqué par produit, et par kilo ou litre : c’est la loi. Si vous regardez bien, c’est très souvent n’importe quoi! Une étude récente a montré que 8 à 10 % des produits affichés l’étaient à un mauvais prix, mais pas forcément au détriment du consommateur. En fait, l’objectif du magasin est d’une part de faire des économies en procédant le plus rapidement possible à l’étiquetage ; mais plus encore, à ne pas permettre au consommateur de faire une réelle comparaison des produits.

C’est ainsi qu’une grosse boite de truc s’affichera moins cher au kilo qu’une petite boite, mais les prix indiqués au kilo sont faux ! C’est très souvent le cas. Et c’est voulu. Pas forcément par la personne calculant le prix, ce n’est qu’un pion dans l’histoire. Mais le magasin, lui, sait parfaitement le peu de compétence et/ou de temps de son salarié pour opérer le calcul, en est bien aise. Plus l’acheteur se fait gruger, mieux l’argent rentre dans les caisses.

4 ) L’exercice de leur toute puissance à l’égard de leurs fournisseurs :
a ) par tout ce qu’ils leur demandent
Les marges arrière, les têtes de gondole, la publicité dans les catalogues... Les fournisseurs payent pour tout : être référencé, c’est à dire tout simplement pouvoir être vendu dans la grande surface concernée. Pour être mis dans le catalogue publicitaire du magasin, ils doivent baisser leur prix, payer une partie de l’édition.

Pour que leurs produits soient mis en valeur en tête de rayon, avoir davantage de « linéaire », c’est à dire avoir davantage de leurs produits mis en rayon, là aussi : ils doivent payer la chaîne. S’ils se fâchent, refusent de payer : ils sont déréférencés, c’est à dire ne sont plus vendus dans le magasin ; ou sont mis tout en haut ou tout en bas des rayons, là où l’acheteur va peu. Sans parler des dessous de table à verser à l’occasion.

b ) par les paiements
Les clients payent de suite leur produit, ou à crédit, en versant au passage un intérêt. C’est normal bien sûr. Les magasins, eux, ne payent leurs fournisseurs que deux, trois ou quatre mois après qu’ils les aient livrés. C’est à dire que cela fait bien longtemps que le produit est vendu par la grande surface, sans même qu’elle l’ait payé à son livreur !

Imaginez : vous êtes payé par votre entreprise pour janvier, mais ne travaillerez qu’en mars ou avril ! Donc, cela fait des sommes colossales que les grandes surfaces engrangent gratuitement, au paiement des salaires et frais fixes près. Ils peuvent placer cet argent à un bon taux d’intérêt, ou le faire travailler eux mêmes, par exemple en créant d’autres magasins : ce sont leurs fournisseurs qui les payent. Dans leurs bénéfices, ils tirent en fait davantage de résultat de cette opération que de la vente de leurs produits.

La dernière façon de voler qu’ont les grandes surfaces, c’est de donner un conseil nul à leurs acheteurs, soit en ne mettant aucun personnel pour ce faire ; ou pire, en mettant des gens ne connaissant strictement rien aux produits ; ou, pire encore, faisant croire à un meilleur produit là où l’on veut se débarrasser d’un produit en fin de vie, ou donnant la plus forte marge.

C’est ainsi que vous détenez maintenant un objet ne vous satisfaisant nullement, tombant rapidement en panne, dont les pièces ne seront plus suivies sous peu. Ou encore, vous partirez faire du bricolage avec des conseils de pose complètement faux, mais assénés par les vendeurs de manière péremptoire, signe le plus souvent d’incompétence de fait. Les grands magasins s’en moquent : vous les avez payés ! Qu’importe si vous passez des dizaines d’heures de bricolage inutile fait avec de mauvais conseils, ou à l’aide de mauvais produits.

Tout cela est du vécu. Par exemple, j’ai acheté des serrures à mettre sur une porte. Las ! Elles se sont bloquées dedans, car du premier prix : j’ai dû casser la porte pour l’ouvrir ! Pourquoi vendre de telles cochonneries ! Le magasin n’en a cure : il ne sera jamais puni pour ça. Il est sûr que je reviendrai chez lui : la concurrence existe de moins en moins.

30/01/2007

Sclérose des tenants du libéralisme comme du socialisme

On sépare toujours les tenants du libéralisme de ceux du socialisme, sans considérer qu’on peut prendre de bonnes choses dans les deux théories. Mais ce ne sont en effet que des théories, comme l’a abondamment montrée l’alternance socialiste de 1981. Mitterrand a opéré les restructurations de grandes industries minières, notamment, que jamais la droite n’a pu ni voulu opérer.

La bourse s’est envolée pendant son règne, au grand plaisir des financiers, qui ne faisaient pas partie traditionnellement de ses plus fidèles supporteurs. Par contre il a voulu résoudre en partie le problème du chômage en embauchant à tour de bras dans certaines entreprises publiques telles que les PTT de l’époque, qui avaient déjà un personnel surnuméraire. Cela donna un résultat catastrophique, où les employés des années 80 se battaient pour ne pas faire le travail, alors que souvent ils étaient deux fois trop nombreux pour l’exécuter normalement.

Une fois ces entreprises en partie privatisées (de statut, ou de fait), on les dégraissa en personnel, fort heureusement, car leur compétitivité, et même efficacité, était obérée du fait de ce personnel excédentaire, coûteux (75 % des charges des PTT de l’époque), trublion de surcroît (car lorsqu’on ne travaille pas, on désire mettre la pagaille, histoire de s’occuper, discutant de façon excessive de tout ce qui fait une entreprise).

L’embauche volontariste dans les entreprises publiques ne sauraient résoudre le problème du chômage. Elles ne réussissent pas non plus à garantir le travail bien fait, en faveur de tous les français. A répétition, les conflits sociaux interviennent, comme à Air France (antérieurement) ou à la SNCF, salariés ne faisant pas partie des plus mal lotis. La RATP, entreprise quasi publique de fait, prend régulièrement tous les usagers en otage, se garantissant au passage de confortables conditions de travail, et salaires qui n’ont rien à voir avec leur qualification ni leur quantité de travail effectué, bien au contraire, puisque par exemple ils bénéficient de la retraite à 55 ans ou avant.

A EDF/GDF, le comité d’entreprise bénéficie pour les salariés et leur famille de 1 % du chiffre d’affaires, mesure décidée lorsque le prix de l’énergie était faible. Celui-ci ayant grimpé dans les nuages, le 1 % devient une véritable manne pour ce CE. Aucun gouvernement n’a osé s’attaquer à cette gabegie, chèrement payée par tous les français, hors les salariés d’EDF qui ne payent pas leur énergie au même tarif que les autres.

En fait, l’oligopole, qu’il soit privé ou public, aboutit au gâchis, fainéantise, fermeture des innovations. L’esprit d’entreprise n’est stimulé que lorsqu’on le force. Ainsi, très étonnamment, les entreprises ont trouvé une nouvelle organisation de travail à l’occasion de la mise en place des 35 heures. Or, l’objectif d’une entreprise est bien de maximiser ses bénéfices : pourquoi donc ne l’ont-elles pas fait avant ?

L’exemple de la poste est très caractéristique aussi là dessus. Voyez toutes ces files d’attente incroyables, dignes de dégoûter tout client normal d’y entrer, à moins qu’il n’y soit forcé. Forcé, il l’était, car l’état avait octroyé de manière exclusive à cette entreprise le marché du courrier lettres notamment. L’Europe a forcé la France de faire autrement à l’aide d’une directive : il était grand temps. La Poste s’est donc mise à mieux rentabiliser son personnel, ainsi que ses manières préhistoriques de travailler, négociant avec l’état des moindres contraintes. Il reste beaucoup à faire.

Beaucoup d’autres pithécanthropes des professions privées ou publiques se remarquent : leCNRS, où l’avancement se fait avec l’âge, et non pas la compétence ; tout l’enseignement, où les professeurs incapables, faignants, incompétents, sont pareillement rétribués que leurs collègues efficaces, sans qu’on puisse nullement de fait les virer, alors que n’importe quel pauvre employé de fast food se voit mis à la rue à la moindre incartade.

La concurrence est nécessaire, aussi bien au sein de l’entreprise, que pour les entreprises entre elles, pour faire avancer plus rapidement et efficacement le progrès social, économique, scientifique, technique. Par contre, s’il ne faut pas hésiter à donner aux sociétés le droit de mettre à la porte un employé ne remplissant pas efficacement ses fonctions, l’état ne doit pas le mettre sous les ponts. Il existe pour chacun une place dans la nation, dans chaque nation.

L’argent ne doit pas être une fin en soi, pour que quelques uns collectent ce que ramène le plus grand nombre. Il faut protéger le travailleur, mais pas au détriment de tous ceux n’ayant pas tiré le bon métier à la loterie de la vie, notamment professionnelle. Il faut protéger ceux n’ayant pas eu la même chance que celui du haut de l’échelle. Mais protéger n’est pas scléroser, ni les êtres qui ne sont pas à leur place au détriment de tous, ni les entreprises, au nom de la stabilité sociale imbécile, qui n’aboutit qu’au pourrissement d’une situation.

A l’heure de la concurrence internationale féroce, en attendant que le partage planétaire du travail termine le début récent de sa mise en place, l’efficacité doit être reine, mais dans la solidarité. Une société au service de ses ressortissants, c’est à dire de l’être humain, et non pas pour une entité telle que l’argent, qui perd son utilité de moyen pour devenir une fin qui ne rend personne heureux. L’excès d’argent pour certains ne produit que luxure, inutilité de vie, égoïsme, peur d’autrui...

11/01/2007

Omerta sur le choix du nucléaire et de ses dangers

En France, le tout nucléaire a depuis toujours le vent en poupe, sans discussion nationale aucune, imposée par les politiciens, et le lobby industriel qui a formidablement su et pu étouffer toute contestation ou remise en cause du choix entrepris. C’est la démocratie à la française : on élit démocratiquement son président, ses députés, après bon bourrage de crâne audiovisuel et autre (jusqu’à voici peu toute source d’information était étroitement contrôlée par le gouvernement, qui opérait même sous Mitterrand des écoutes illégales téléphoniques des journalistes). Puis ces représentants du peuple décident ce qu’ils veulent sans aucune concertation et encore moins de référendum qui risquerait fort de leur déplaire, et pire encore, d’habituer les français à réfléchir, ou plutôt croire qu’ils puissent avoir une réelle action sur la politique de leur pays.

Le nucléaire est présenté comme la plus sûre des énergies, nous rendant indépendants du pétrole. Certes, mais elle nous rend dépendants de l’uranium produit par encore moins de pays que le pétrole. De plus, le jour où une centrale nucléaire sautera, ce ne seront plus seulement quelques morts dus à une explosion de gaz qui se feront, mais des milliers ou dizaines ou centaines de milliers. Nos responsables nous disent que ceci est impossible : la centrale de Tchernobyl leur a et nous a prouvé le contraire. Vous direz que c’était l’union soviétique, mal dirigée, à la transparence faible. La centrale expérimentale de Creys Malville, aux innombrables dysfonctionnements jusqu’à sa fermeture, ont prouvé que cela peut aussi se passer chez nous. Quant à la transparence politique, le nuage radioactif (résultant de l’explosion de la centrale ukrainienne) s’arrêtant à la frontière française nous a montré ce qu’il en était.

On nous dit aussi que le coût nucléaire est très concurrentiel, mais on oublie d’y mettre bien des composantes. Le coût de démantèlement des centrales en fin de vie n’est pas pris en compte, non plus la surveillance des déchets qui devra se faire sur des dizaines d’années ou davantage. Quelques uns ayant même une durée de vie d’un million d’années, ce qui fait courir un danger extrême aux générations futures, et témoigne amplement de la folie humaine. Bien sûr le gouvernement nous assure que le stockage est sans problème, sans faille, sans danger. Pour un gouvernement qui ne voit jamais plus loin que le bout de son nez d’intérêt politique, vous pouvez dormir tranquille en pensant que l’état voit sûrement à des centaines d’années dans le futur !

D’autre part, la sécurité est déjà battue en flèche : chaque centrale envoie des gaz radioactifs dans l’atmosphère, et d’ailleurs EDF le reconnaît dans ses propres documents internes, qu’on peut (difficilement) demander à consulter. De plus les normes d’émission nucléaires sont pulvérisées, au voisinage des tuyaux d’évacuation d’eau dans l’eau de mer par exemple.

Dernier argument en faveur du nucléaire, et non des moindres, c’est que le coût des énergies alternatives est prohibitif, et que celles-ci ne sont pas viables économiquement. Cela semble vrai, plus ou moins, et de moins en moins. Il faut comprendre que le tout nucléaire a phagocyté durant des dizaines d’années tous les programmes de recherche, laissant à d’autres l’étude d’énergies concurrentielles : Allemagne et pays scandinaves et Hollande pour l’éolien ; Japon pour moteur hybride ; Brésil pour biotechnologies ; Islande pour la géothermie...

08/01/2007

Fin du respect de la parole donnée et du travail bien fait

Le respect de la parole donnée n’existe pratiquement plus. Avant on se glorifiait de la respecter, maintenant personne ou presque n’en a cure, au moins en tout cas lorsqu’on ne connaît pas la personne à qui on a fait telle ou telle promesse. Jamais ne fut plus juste cette maxime : il y a loin de la parole aux lèvres. Autant en emporte le vent ! Le pire est que cela affecte également les relations d’affaires. Par exemple, à répétition ma banque m’a promis lors de prêt immobilier consenti que telle clause ne serait pas applicable, mais lorsqu’il a fallu passer au concret, seul l’écrit fit foi. Ah bon ? On vous avait dit autre chose ? Vous en avez la preuve ? Si le salarié de la banque était encore là, il ne se rappelait pas, et sinon, il avait été muté, comme cela se passe fréquemment désormais.

Le public est long à changer de mentalité. Pour des gens, la parole dite a encore de l’importance, et ils se font tromper par des professionnels jamais punis, volant et mentant en toute impunité. D’où des gens en situation de surendettement : au mépris de la loi, les propres conseillers chargés de leur octroyer un crédit leur conseille de mentir, ne leur posant même pas la question sur la présence éventuelle d’un crédit existant. Il serait pourtant facile de confondre ces conseillers : il suffit de leur envoyer de faux demandeurs de crédits assermentés par le gouvernement, au besoin en filmant/enregistrant vocalement ce qui se passe, et de les punir très fortement de leur duplicité. Mais non : n’est essentiel que la bonne circulation maximum de l’argent, au mépris des vies cassées, expulsion de leur logement, ou autre catastrophe individuelle.

On vous conseille de signer rapidement, vous lirez le contrat plus tard, si encore il est compréhensible. Souvent il renvoie à des conditions générales : vous signez une ligne disant que vous les avez lues, en fait on ne vous les remettra que plus tard, si jamais on le fait. On ne vous explique rien, et surtout pas les conditions d’un contrat d’assurance par exemple. Quand il y aura le feu à votre maison, le vol ou un accident à votre voiture, il sera toujours temps de ne rien ou presque rien vous rembourser. Hé oui : vous n’aviez pas lu ? Les dégâts consécutifs à un feu dû à une prise défectueuse ne sont pas remboursés ; vous n’aviez pas trois points de sûreté à votre porte extérieure ? Ben non, on ne vous rembourse rien : c’est marqué dans le contrat. Et si on vous rembourse, ce sera le plus tard possible : dossier traînant, tribunal parfois avec tous les recours possibles, non respect des propres clauses de l’assureur. Par exemple on vous rembourse votre voiture détruite au prix de l’argus, mais pas à sa valeur de remplacement, pourtant légalement à prendre en compte.

Et si vous voulez faire appel à un avocat : lui aussi n’accordera guère de valeur à sa parole. Il vous promet un procès rapide, peu dispendieux : et vous voilà avec des honoraires toujours plus élevés, sans être sûr de les récupérer, procès gagné ou pas, si même vous allez jusqu’au bout, ne l’interrompez pas de guerre lasse. Souvent vous signez pour avoir tout de suite de l’argent de votre compagnie d’assurance par exemple, quitte à n’avoir que le tiers espéré. Les compagnies sont puissantes et ont le temps : pas vous. Elles jouent sur du velours !

Il en va de même pour toutes les réparations que vous effectuez. Les plus scandaleuses sont les garagistes : vous pouvez pratiquement être sûr que vous vous ferez voler. Les pires sont les réparateurs rapides qui vous disent gratuitement ce que vous devez remplacer. Ils font gratuitement le devis, certes, mais vous facturent des réparations totalement gonflées par rapport à la réalité : freins, amortisseurs, pneus, pots d’échappement... 90 % des fois ces réparations ne s’imposent nullement, sauf pour gonfler leur chiffre d’affaires. Même votre garagiste patenté, concessionnaire d’une marque est fortement sujet à caution. Alors comment faire, vers qui se tourner ? comment obtenir la preuve de leur vol ? Quasiment impossible à faire.

Là comme ailleurs, les pouvoirs publics complices de fait de ces escrocs laissent opérer en toute impunité de fait. Il suffirait là aussi d’officiers assermentés, d’experts vérifiant la voiture avant et après, et faisant condamner lourdement les voleurs. Seulement, la voiture est la vache à lait de l’état : vous payez des taxes pour l’acheter, pour l’alimenter (74 % de taxes dans le prix de l’essence), la garer (PV, taxe d’habitation (!) sur votre garage, la réparer (TVA), l’assurer... Tout cela en plus de toutes les entreprises et salariés que vous faites vivre par ces moyens : producteurs, concessionnaires, garagistes, dépanneurs, pompistes, assurances, experts, contractuels vous verbalisant, tous les métiers pour construire et entretenir les routes, impôts (carte grise)... On peut même continuer dans le morbide : hospitalisations, morts permettant de diminuer le versement des retraites... tout fait marcher le commerce, même le versement d’allocations aux handicapés, d’autant plus que l’essentiel vient des sociétés d’assurance. J’ai renoncé à calculer la part de PIB que cela représente, sans doute plus de 10 %. En fait, lorsque vous raisonnez : justice, punition des escrocs, le gouvernement raisonne ainsi : création de richesse, circulation de l’argent, nombre d’emplois, préférant là comme ailleurs les indicateurs économiques reflets d’un faux bonheur à la qualité réelle de vie de ses administrés.

Tout est ainsi ou presque dans le secteur de la réparation : on vous gruge sur celles opérées à domicile, vous volant d’une manière éhontée, doublant, triplant ou davantage la valeur réelle de la prestation, lorsque celle-ci ne vous est pas simplement inventée : remplacement inutile de pièces, voire panne provoquée. On voit de tout, spécialement dans les grandes villes comme Paris ou Marseille notamment, où le déplacement constant de la population assure aux entreprises ne valant rien aucune chance d’être sanctionnées par une perte de clientèle qui se renouvelle sans cesse.

Loterie, injustice et carcan des professions

Quoi de commun entre un salarié de fast food et un fonctionnaire ? Rien, ou pas grand chose Le premier a un emploi précaire, se voit traiter comme un esclave alors même qu’il travaille en courant, sent le graillon le soir chez lui, est mal payé, avec des avantages théoriques assurés par les lois de l’état français, mais constamment bafoués dans les faits, travaille à temps partiel sans vraiment l’avoir choisi, avec de bien mauvais horaires (tard le soir, mais il est vrai que c’est bien pour les étudiants finançant ainsi leurs études), et révocable à merci. Le fonctionnaire bénéficie d’avantages acquis et respectés, droit de grève notamment dont il use et abuse parfois, a un salaire sûr et à vie, quoiqu’il fasse pratiquement, a une avancée de carrière toute tracée, une évolution possible avec les concours ou autres examens plus ou moins fantaisistes parfois…

Dans le clan des fonctionnaires, contre lequel je ne suis pas forcément (j’en suis un) peuvent être mis les salariés de la RATP, ne se privant jamais d’abuser de leur droit de grève, prenant en otage des millions de salariés qui, eux, ne peuvent se le permettre ; mais aussi des salariés de grandes entreprises bénéficiant d’une protection de fait, bien que parfois hélas ils font partie des charrettes éventuelles.
Dans le clan des salariés esclaves, peuvent être hélas mis bien des catégories : caissières de grande surface devant lever la main pour aller aux toilettes, travail à la chaîne… de plus en plus de gens en fait, du fait de la paupérisation grandissante de la société.

Quoi de juste là dedans ? Rien ! Selon le choix qu’on fait de sa carrière, de son premier emploi, largement dû au hasard, au pas de chance, on est dans un milieu nanti ou non.
Il n’est pas question pour moi de vouloir atteindre aux droits acquis, mais d’aller contre ceux excessifs, octroyés à une caste de fait seule. Ainsi, que dire d’un professeur nul, comme chacun d’entre nous a pu en connaître, par son expérience personnelle ou de proches, qu’on ne peut virer car bénéficiant de son statut de fonctionnaire. Il ne fait rien, est incapable, n’arrive pas à se faire respecter des enfants, est constamment en congé maladie. Des sanctions sont possibles, mais jamais ou presque appliquées, sinon les merveilleux syndicats sont tout prompts à faire grève, contre tout sens de la mesure. Alors les établissements se passent à l’occasion ces nullités dont personne ne veut, à commencer par les parents désolés et impuissants, tout comme les proviseurs.

A l’autre bout de l’échelle sociale sont les travailleurs du dehors, maçons par exemple, oeuvrant par tous les temps, soulevant de lourdes charges, dos cassé, métier dangereux, jusqu’à l’âge de la retraite parfois, qui est bien plus élevée que celle d’autres travailleurs protégés pourtant. Même l’âge de la mort est différent, défavorable aux basses catégories sociales, du fait de leur dure vie peu payée de surcroît !
Alors pourquoi devoir exercer un dur métier, toujours le même durant toute sa vie ? A l’heure où il est de bon ton ou obligatoire de changer plusieurs fois de profession durant son existence, il serait bon, ou plutôt obligatoire d’instituer des ponts entre les différents emplois. Par exemple, un maçon peut exécuter sa tâche à vingt ans, mais devrait pouvoir à la fin de sa vie professionnelle devenir par exemple gardien de musée, là où on trouve des jeunes en train de s’ennuyer ferme le plus souvent.
Mais non, le travail, le métier sont affaire de loterie ; il faut faire le bon choix des études, de la formation, de l’entreprise, et tant pis si on n’a pas tiré le bon numéro, qu’on va au chômage. Les autres diront : la faute à pas de chance, ou à mauvaise personne : tant mieux pour moi qui ne suis pas (pas encore) de la charrette. Egoïsme à la petite semaine, refus du partage du travail, des richesses, toute une nation, tout un monde qui va et vit dans la catastrophe, créant la haine, la violence nationale et internationale.

Puissance et finalité des entreprises

De rachat en fusion, les entreprises gagnent en gigantisme, et il est désormais difficile de déterminer leur nationalité lorsque (par exemple) les actionnaires sont de tous pays, les dirigeants allemands, les salariés des pays pauvres de plus en plus souvent, le siège social là où l’on paye le moins d’impôts, et qu’on y parle anglais de plus en plus.

On est passé de l’entreprise patriarcale à celle privilégiant l’argent pour l’argent. En fait, ceci n’est pas vrai, car de tout temps les patrons ont d’abord et essentiellement rempli leur porte monnaie avant d’en faire petitement profiter leurs salariés. Par contre la compétition s’internationalise, et l’on a vu apparaître des sociétés faisant de confortables bénéfices et qui néanmoins licencient leurs salariés, délocalisent dans les pays à faible coût de main d’œuvre et/ou peu imposés.

On ne peut pas dire que l’argent profite davantage à peu de gens, sauf sur une courte période (ces dernières dizaines d’années), car auparavant (quelques siècles en arrière) le système de servage, de royauté, faisait vivre les gens dans la boue, et les dirigeants dans les palais. A l’évidence maintenant, il y a suffisamment d’argent pour faire correctement vivre tous les humains, mais cela ne se produit dans pratiquement aucun pays. Notre démocratie planétaire, les USA, ne fait pas du tout mieux : peut être bien que leurs clochards ont de bonnes chaussures de tennis, mais ils mangent tout de même dans les poubelles : belle leçon d’économie ultralibérale.

Les entreprises n’ont plus le rôle de construction du pays, ni de rendre leurs salariés heureux, encore moins leurs clients. Elles n’ont plus comme unique fonction de faire le maximum de profit, mais au profit du moins de personnes possible : en général : dirigeants et actionnaires. Les salariés sont considérés comme des pions, sous humains tout juste bons à être pressés au maximum, jetés dès que supposés inutiles pour la meilleure marche possible de l’entreprise. Cet idéal d’argent est fait au sein de la seule idéologie rescapée de la planète, ayant fait ses preuves économiques, voire politiques : le libéralisme capitaliste (caca, pipi, capitaliste).

Les usines créent des biens à durée de vie minimale, afin d’en assurer le remplacement le plus vite possible, quant bien même seraitn-ils encore parfaitement performants et utiles. Le problème est que la qualité des matériaux s’améliore sans cesse, de même les nombreux composants électroniques remplaçant tous les mécanismes cassables. Fort heureusment la publicité est là pour vendre les produits, créer le besoin d’achat et de remplacement bien avant que cela ne s’impose. Le chômage et la précarité paupérisent les acheteurs potentiels, mais le gigantisme des entreprises permet de réduire les prix de vente, et ôte une bonne partie de la concurrence, permet d’atteindre beaucoup plus d’acheteurs potentiels.

Songeons qu’une entreprise comme Carrefour ouvre une centaine d’hypermarchés par année dans le monde, les rentabilise au plus tard dans les trois ans : c’est dire la puissance de telles entités. Imaginez-vous acheter un logement tous les trois ans ? Ou cent par an ?
La nationalité des entreprises est désormais dure à appréhender, mais aussi la discipline qu’on peut leur imposer. Par exemple quel poids peut-on avoir sur Western Union, leader mondial des transferts d'argent en espèces, qui déclarait en 2005 plus de 3 milliards de dollars de bénéfices, 25 milliards de dollars de flux ayant transité entre les pays riches et les pays pauvres par son intermédiaire -l'équivalent du produit intérieur brut de la Tunisie ? On peut toujours faire des lois, réglements, interdire tout ou partie de leur activité. Il faudra alors contrer leur armée d’avocats, ce qui n’est jamais simple, même à l’échelle d’un pays, et, arme suprême, la grande entreprise pourra boycotter tel ou tel produit national, telle activité, et le pays pourra s’en trouver fort marri.

20/11/2006

Revenus et patrimoine en France et dans le monde

Les revenus d’un PDG américain représentaient 42 fois le salaire d’un ouvrier en 1980, mais 411 fois en 2001. En 1980, le salaire d’un ouvrier mexicain valait 22 % de celui américain, mais 12 % en 2001.

La multinationale Exxon Mobil produit plus de valeur ajoutée que toute l’économie du Pakistan comptant 138 millions d’habitants. Cette puissance est apte à corrompre les pouvoirs politiques, comme on l’a vu pour Total Fina Elf en Afrique, mais aussi dans les pays riches en finançant les partis politiques, notamment aux USA.

Le travail est de plus en plus salarié : 55 % en 1960 pour le Japon, 85 % actuellement, 93 % aux USA, 88 % en France. Les indépendants et les PME ne peuvent guère lutter en effet contre les grands groupes lorsque les parts de marché se gagnent grâce à l’innovation, l’assise financière, la réputation.

On ne sait plus comment décrire la nationalité des grands groupes. Le siège peut être à Paris, les usines en Chine, les actionnaires américains, le personnel commercial de toutes nationalités, le PDG allemand… Le principal intérêt de ces groupes est de créer de la richesse, non pas pour leur personnel qui ne sert désormais plus qu’à être pressurisé au maximum le plus souvent, mais en faveur des actionnaires qui définissent la politique maison, et veulent un rapide retour sur investissement. L’entreprise citoyenne n’existe plus. En France, cela commença par Michelin qui se débarrassa de personnel partout dans le monde pour délocaliser, non pour faire face à une crise, mais pour gagner encore davantage d’argent !

Les délocalisations n’ont pas que du mauvais, car elles permettent au monde entier de profiter des bénéfices du travail, là où il n’y avait rien, ou pas grand chose. Hélas, le bonheur des uns fait le chômage des autres. Tandis que la prospérité se développe notamment en Asie, le dit vieux continent européen se traîne économiquement.
Les grands groupes créent des concentrations de richesse de plus en plus insolentes, au profit de quelques uns seulement : la moitié de l'humanité se partage 1 % de la richesse mondiale tandis que deux pour cent seulement détiennent la moitié du patrimoine des ménages, selon une étude des Nations unies.

Un patrimoine personnel de 2 200 dollars ou plus permet de faire partie des 50 % de personnes les plus riches au monde, 61 000 dollars "suffisent" pour compter parmi les 10 % de personnes les mieux dotées et 500 000 dollars pour accéder au club très fermé du 1 % des individus les plus fortunés.

L'étude confirme la concentration de la richesse dans les pays les plus développés : 25 % des 10 % des personnes les plus riches vivent aux Etats-Unis, 20 % au Japon, 8 % en Allemagne, 7 % en Italie, 6 % en Grande-Bretagne, 4 % en France et en Espagne.

La concentration du patrimoine à l'intérieur d'un même pays est aussi très forte : "La part de richesse détenue par les 10 % les plus riches s'échelonne d'environ 40 % en Chine à 70 % aux Etats-Unis, voire plus dans d'autres pays", selon l'étude.

En 2000, année de référence de l'étude, 499 personnes dans le monde étaient milliardaires en dollars et 13 millions étaient millionnaires.

Duperie de la bourse, malversation et nullité des conseils financiers

Ils ont une bonne partie de l’économie mondiale entre leurs mains ; ce sont en général de grosses entreprises, institutions, sociétés d’assurances, banques, fonds de retraites… faisant la pluie et le beau temps sur la plupart des entreprises cotées sur les places boursières mondiales. Toutes ces sociétés cherchent à faire le plus de bénéfice possible, allant rapidement d’une société cotée à l’autre, en fonction des chiffres publiés. Quoi de plus naturel : tous et toutes nous désirons protéger nos biens, et les mettre dans les mains les plus sûres, avec le meilleur rapport possible. La bourse a été faite pour cela : les petites gens et autres placent leurs économies dans la bourse, participant ainsi à l’avancée des entreprises en leur amenant leur financement nécessaire, et celles-ci en contrepartie leur amènent un dividende, et si tout se passe bien, une augmentation des cours, permis par les bons résultats de l’entreprise, amenant davantage de gens achetant les actions, ce qui fait monter les cours.
Tout cela, c’est la théorie. En fait, la bourse pourrait fort bien passer pour un gigantesque marché de dupes. En effet, ce beau mécanisme pouvait paraître vrai dans le passé. Encore, que l’évolution du CAC40 (somme des plus grosses cotations boursières) n’a guère fait mieux que l’évolution du cours de la vie, c’est à dire que l’inflation depuis plusieurs dizaines d’années. Mais cela, personne ne vous le dira.
Depuis l’avènement de ce qu’on a appelé la bulle spéculative, ce n’est plus le cas. Les mini ou maxi crises boursières se sont succédé d’autant plus vite que le monde économique changeait plus rapidement.
Tout le monde ment :
* les responsables de la bourse bien sûr, puisqu’il y va de leur intérêt direct,
* les banques qui se financent ainsi directement par levées monétaires auprès du public,
... mais aussi indirectement en prélevant leur forte dîme à chaque transaction des particuliers
* les divers journaux financiers qui tiennent à préserver leur fond de commerce en donnant leurs conseils qui valent pas bien cher en fait ; n’oubliez pas non plus qu’ils vivent en grande partie des annonces publicitaires des entreprises. Il serait donc fort malvenu pour leur chiffre d’affaire qu’ils en donnent de funestes présages, sauf à suivre le comportement moutonnier de tous les autres acteurs du marché boursier, sans risque donc. Il est préférable de se tromper avec tout le monde, qu’avoir raison tout seul. Dans le premier cas, personne ne vous en tiendra rigueur, dans le second, ce sera la catastrophe pour vous. Evidemment, vous pouvez avoir raison tout seul, mais outre que personne n’aime les déviants, voire les brebis galeuses, il est plus facile d’avoir tort dans la vie que l’inverse.
* le gouvernement qui aide ainsi à la création et au maintien d’entreprises sans bourse délier. Il en provoque le financement par les fonds privés des particuliers, qui continuent à croire à l’eldorado malgré les multiples déconvenues en ayant ruiné plus d’un. Par exemple les mirobolants emprunts russes ou le scandale Vivendi Universal, en passant, par les multiples malversations d’entreprises, comme celle d’Andersen par exemple, ayant cautionné les faux comptes de la société d’Enron, conseillant jusqu’au bout l’achat des actions de l’entreprise allant à une faillite pourtant certaine. Rappelez-vous aussi le gouvernement de gauche qui présentait les privatisations des années 80 comme une sorte de jeu où l’on gagnait à tous les coups. Au début, ce fut vrai, mais ensuite, bien des épargnants n’eurent que leurs yeux pour pleurer leurs pertes. Alors nos doctes politiciens censés nous représenter nous rappelèrent, mais bien tard, que la bourse était quelque chose de risqué.
Impôt volontaire de tous les gogos y ayant cru, on peut alors se demander où tous ces fonds arrivent. Eh bien, en dehors des quelques destinations vues ci-dessus, cela va dans les poches déjà en général bien garnies de quelques personnes, mais pas n’importe lesquels. Quelques chanceux auront gagné au passage, simples particuliers au savoir faible, mais pour l’essentiel les gagnants sont les courtiers, les riches ayant accès directement à leurs conseils avisés. Car l’époque où le cours boursier d’une entreprise se décidait à sa valeur économique est bien révolue, surtout depuis la bulle internet, qui voyait valoriser extraordinairement des sociétés qui ne valaient… rien, à part leur déficit abyssal, riches uniquement de leur bénéfice énorme mais… hypothétique. On a ainsi vu des sociétés comme libertysurf valoir autant que Boeing ; l’une n’avait aucun bien matériel, autre que quelques micros, l’autre avait des milliers d’avions et tout ce qu’il fallait pour les construire. Quelques années ont passé, Boeing est une entreprise toujours aussi puissante, libertysurf ne vaut plus grand chose à la bourse, encore moins à l’aune purement économique.

Les gros actionnaires sont en bonne partie responsable de cette gabegie, voulant, plus qu’il n’est raisonnable, un fort retour sur leur investissement, souvent de l’ordre de 15 %, d’où les licenciements massifs en dépit de bénéfices colossaux, la délocalisation de tout ou partie des activités, et en dernière limite les fausses déclarations comptables des dirigeants, stratégie hallucinante du niveau d’un enfant cachant ses mauvaises notes, ou mettant un 1 devant un 0 !
Un petit porteur est incapable de prévoir l’évolution des cours de bourse qui relèvent de la plus complète absurdité. Dans une même journée, une même valeur peut augmenter de 10, 15 %, puis reculer d’autant, et finir à la même valeur qu’au début de journée, ou 10 % en moins ou en plus. Ceci n’est absolument pas rare, mais plutôt l’habitude, portant sur des dizaines de sociétés différentes cotées. Les professionnels sont obligés de constater les dégâts, sans trop souvent rien y comprendre non plus. Les fameux organismes de notation, censés définir la fourchette de cours normaux d’une valeur cotée ne font en fait que suivre la réalité des cours. Ils recommandent d’acheter ou de vendre dans telle fourchette de cours, selon la réalité notée sur le terrain, mais nullement en fonction de critères réels d’étude. Personne n’y comprend rien, hors que l’appât du gain rend plus fou que jamais. Jugez en : une entreprise fortement bénéficiaire, ayant le monopole sur son marché et qui a fortement modernisé son outil de production a vu son cours baisser de 30 % en une journée parce que, ayant publié ses résultats. Elle n’avait pas fait aussi bien que prévu ! Folie quand tu nous tiens… Ce genre d’exemple, ou plus aberrant encore, est en fait extrêmement fréquent.

Exemple de pluri malversations : Vivendi.
En moins d'un an la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme de la Bourse de New York, a rédigé plusieurs rapports sur le scandale Enron, les dysfonctionnements chez Andersen, WorldCom ou Tyco. Elle a condamné des banques et des analystes à verser des centaines de millions de dollars pour informations trompeuses, bilans truqués, pertes abyssales cachées, preuves détruites.
Aucune autorité publique en France n'a prononcé un mot sur le dossier Vivendi, même s'il n'est pas de même nature. En juillet 2003, un an après la débâcle de Vivendi Universal, qui a précipité la chute de Jean-Marie Messier, les actionnaires, salariés, ou le grand public ne savent toujours pas tout ce qui s'est passé dans le deuxième groupe mondial de médias et de communication. La Commission des opérations de Bourse, qui avait lancé une enquête quinze jours après la chute de M. Messier, et devait rendre un rapport rapidement, n'a toujours rien rendu public. Deux rapporteurs seulement sont détachés à plein temps sur ce dossier pour dépouiller les documents saisis, dont les 80 tonnes ( !) envoyées par la SEC en février. Même discrétion du côté de la brigade financière. Après des perquisitions spectaculaires en décembre 2002 au siège de Vivendi et chez les principaux protagonistes, puis des enquêtes discrètes, chez Goldman Sachs notamment, en avril 2003, tout est redevenu silencieux. Même le monde politique et les milieux d'affaires se sont montrés indifférents.
Les thèmes qui auraient pu être abordés ne semblent pourtant pas manquer. Cela aurait pu aller du rôle des banques-conseils et des analystes jusqu'à l'interrogation sur la nécessité de maintenir ou non les commissaires aux comptes, qui avaient certifié les résultats 2001 pour valider ensuite ceux de 2002.
Une fois que Vivendi aura été démantelé, que tout aura été dispersé, les enquêtes diront ce qu'il est advenu. Les actionnaires connaîtront alors peut-être les causes réelles de leur ruine. Dans une bonne dizaine d'années...

Le mythe de l’efficience des marchés
Deux concurrents sur le marché du jouet qui ont la même valeur boursière en 1998 :
1/ un poids lourd : Toys “R” Us, fort d’un savoir-faire et d’une expérience indéniables, réalisant en 1998 un chiffre d’af­faires de plus de 11 milliards de dollars dans 1156 maga­sins pour un bénéfice de 376 millions de dollars.
2/ une start-up eToys sans expérience, dont le chiffre d’af­faires cette même année, s’élève à 30 millions de dollars (équivalent à celui de trois magasins de Toys “R” Us) pour une perte de… 28 millions de dollars.
En mars 2001, eToys se déclare en faillite, la valeur de son action ne valant plus que quelques cents, alors que Toys “R” Us s’allie au libraire en ligne Amazon pour développer avec succès son commerce électronique. Cette histoire n’est en rien isolée.

Les marchés financiers n’ont donc pas su estimer correcte­ment les rentabilités à venir des diffé­rents secteurs économiques. On désigne par le terme de bulles spécula­tives de telles situations où le cours observé s’écarte dura­blement de la valeur réelle des entreprises. Cette bulle a eu des conséquences néfastes : un surinvestissement important dans les secteurs de la Nouvelle Économie, accompagné le plus souvent d’un surendettement pour le financer. Un constat empirique qui met à mal la théorie financière orthodoxe qui défend l’idée qu’à tout instant les marchés bour­siers donnent la meilleure estimation possible de la valeur des firmes, ce qu’on appelle l’hypothèse d’efficience informationnelle des mar­chés.
En fait, les acteurs ne se déterminent pas en fonction de leur estimation de la valeur fondamentale des actions mais selon l’évolution attendue des cours. Le mimétisme est essentiel. Il se crée des bulles résultant d’une croyance généralisée dans la hausse future des cours.

Pour les dirigeants des grandes entreprises le prix du marché apparaît comme une information absolue sur ce qui est a priori impalpable : la valeur d’un avenir incertain. Il est l’argument déterminant lors de négociations de rachat ou de fusion, de la réflexion sur le montant des licences UMTS, de l’élaboration de stratégies industrielles.
Cette rationalité conduit aux bulles spéculatives et aux krachs. Pour de nombreux analystes, le krach boursier d’octobre 1987, puis la bulle Internet et son explosion en l’an 2000 ont été provoqués par l’irrationalité des acteurs. C’est en fait la nature même du jeu financier qui conduit les inves­tisseurs à spéculer en se préoccupant plus de l’opinion majoritaire que des valeurs objectives.

La théorie des marchés efficients est l’une des pierres angulaires de la science économique telle quelle est enseignée à ceux qui ont et auront la charge de gérer, à des degrés divers, l’économie mondiale. Or les idées reçues laissent toujours des traces, conduisant par exemple au rachat d’Orange ou d’autres sociétés technologiques à des prix faramineux qui maintenant grèvent de manière inquiétante les comptes de France Télécom ou de Vivendi. Ces deux sociétés notamment, n’ont que les yeux de leurs salariés actuels ou licenciés pour pleurer les glorieuses théories économiques, et l’application qui en fut faite par leurs dirigeants grassement payés, y compris lorsqu’ils sont chassés. Tous les jours actuellement, ces salariés sont soumis aux plans d’austérité pour regagner centime après centime l’argent gaspillé par milliards d’euros. Ils doivent sans cesse améliorer leur compétitivité individuelle, travailler dans un climat toujours dégradé, poussés vers la porte si possible. Ce sont des dizaines de milliers de familles entières qui, par leur souffrance quotidienne du stress au travail, le risque du chômage, portent les conséquences des actions de quelques malhonnêtes.

Vous pouvez être choqué que je traite ici de malhonnêtes les des gens qui n’ont fait qu’appliquer des modes de pensée auxquels ils croyaient. Pour moi, ce sont des malhonnêtes car s’étant trompés, ils partent néanmoins avec de confortables indemnités, là où leurs salariés sont poussés vers la porte. De plus les responsables restants, si ce ne sont pas les mêmes, sont chargés de diminuer le personnel pour réparer le désastre laissé par les autres, dans le délabrement des conditions de travail détruisant, comme dit plus haut, le quotidien de ces travailleurs de plus en plus esclaves pour gagner souvent si peu.

Un crack parmi d’autres
Le 14/4/2000 le nasdak (valeur de la bourse américaine, équivalent du CAC40 français) chute de 9 %, annoncent de l’explosion de la bulle internet. Yahoo, Amazon perdent 80 % de leur valeur boursière en une année, Alcatel 97 % ( !) , France Télécom voit sa valeur d’action passer de 219 € à 7 € en deux ans. Son PDG Michel Bon, à force d’achats à tout a réussit la performance d’en faire l’entreprise la plus endettée du monde.
En trois ans, 8.000 milliards de dollars partent en fumée (5 fois le budget de la France), des dizaines de millions de personnes de par le monde sont ruinées, annonçant le début de la quasi récession européenne. Enfin, en fumée, pas vraiment. L’argent de la bourse, vaste bouffonnerie économique, jeu du loto sans le dire, n’est jamais perdu pour tout le monde. En effet, elle ne produit jamais d’argent, à part les dividendes, la plupart du temps fort légers, versés par les entreprises. L’argent vient de la poche des uns, pour aller dans d’autres portefeuilles. En général, il est perdu par les petites gens, et gagné par ceux disposant des informations, proches du pouvoir économique et politique.

Les institutionnels, tous ceux ayant accès aux bonnes informations, font de l’argent sur la bête. Tout d’abord, renseignés à l’avance, ils peuvent réagir immédiatement. C’est pourquoi on voit des cours boursiers dévier fortement, sans n’y rien comprendre, n’étant pas averti du comment ni du pourquoi. Mais surtout, lorsqu’une chute des cours est certaine, que la bulle financière éclate, le public met bien du temps à se rendre compte de la catastrophe, d’ailleurs on le lui dit avec le plus de retard possible. Ainsi, une action perdant 80 % de sa valeur en une année, est une véritable manne pour les connaisseurs du marché. Il leur suffit en effet de vendre cette action tandis qu’elle descend, sans l’avoir acquise encore (eh oui, c’est possible), et de l’acheter lorsqu’elle a bien baissé. Ainsi une action allant de 100 € à 80 € en un mois, est vendue à 100, puis achetée plus tard à 80. Bénéfice : 20 €. Et comme cela se fait sur des milliers voire millions d’actions, et à répétition, vous voyez le profit effectué. D’ailleurs, d’autres mécanismes sont possible qui, quoique plus dangereux, permettent de tirer des bénéfices (ou pertes) faramineux par rapport à l’argent engagé.

Ainsi Georges Sorros fut poursuivi pour un délit d’initié sur la cotation de la Société Générale ; le procureur demanda une amende de 2,2 millions d’euros. Que représente cette somme pour ce financier aguerri aux conseils fort écoutés, qui gagna 1 milliard d’euros en jouant contre la livre britannique ? Seulement ce qu’il avait gagné dans l’affaire poursuivie, c’est à dire qu’au pire, il ne risquait que de perdre ce qu’il avait gagné, sans tenir compte de tous les prêtes noms qu’il avait pu utiliser. Comprenez bien qu’il aurait tort de se gêner. Le pouvoir de François Mitterrrant fut éclaboussé dans l’affaire, bien à tort, vous pensez bien, vous qui savez que nos hommes politiques sont tous des êtres profondément intègres !

L’affaire d’Eurotunnel illustre bien cette corruption au moins d’esprit des dirigeants. L’état français présenta l’opération comme parfaitement sûre. Des documents promettaient même un rendement de 18 % ; les services des impôts furent chargés de vendre les actions, tout comme les banques. Les promesses annonçaient un chantier rondement mené, des taux de remplissage très très optimistes, trop par rapport à une prévision honnête. 100.000 € placés à l’époque sont devenus ce jour 4.300 €. Le chantier fut ralenti plusieurs fois ; les banques réclamèrent une augmentation du capital, donc des appels au financement des petits porteurs entre autres, tout en augmentant les taux d’intérêts qui leur seraient versés jusqu’en… 2040. Véritable vache à lait pour les banques, Eurotunnel est une catastrophe pour les petits épargnants à cœur tout à la fois de participer au dit chantier du siècle, et faire un bon placement de père de famille.
Comme d’habitude les banques sachant les nouvelles à l’avance, comme le ralentissement du chantier, vendirent une partie de leurs actions, avant que le grand public ne fasse de même, profitant de leur mainmise sur le projet. Mais ne soyez pas grossiers s’il vous plait, ne parlez pas de délit d’initié, cela les chagrinerait vraiment. Cela ne se dit pas : cela se fait.
Ne soyez pas triste : ce que vous avez perdu, quelques uns l’ont gagné, et les états français et britannique ont pu construire sans bourse déliée un projet d’intérêt général, tout en diffusant de fausses informations pour que les gogos payent. Si vous avez encore l’esprit civique après cela : bravo.

16/11/2006

La délirante protection étatique du locataire au détriment des propriétaires

Supposons que vous ayez acheté un logement pour le louer. Vous avez ou non pris toutes les précautions pour vous assurer de la qualité de l’occupant. Patatras ! Voici qu’après un temps plus ou moins long, celui-ci ne vous paie plus. Les histoires de ce genre sont courantes. Ce qui est plus cocasse, c’est la suite. Tout comme l’immensité des français, vous supposez bien sûr qu’amenant votre bon droit sous le bras, le juge va se dépêcher d’obliger le récalcitrant à payer ou à loger ailleurs. Si vous avez lu le paragraphe ci-dessus, peut-être êtes vous tout de même un peu dubitatif, et vous avez fort raison.

En effet, vous devrez d’abord porter plainte, avoir de solides pièces en main pour prouver votre dol ; votre parole ne suffit pas, loin s’en faut. La vérité ne se décrète pas : elle se démontre, documents à l’appui. Vous devez avoir avisé votre locataire de son paiement de loyer par lettre recommandée avec accusé de réception, avoir attendu un délai suffisant même s’il n’est pas venu la chercher. Vous devez aussi lui adresser par un autre courrier tout aussi recommandé tous les éléments que vous désirez produire au tribunal contre lui, sinon il pourrait y avoir vice de forme, et tout à recommencer.

Voilà, c’est fait, avec ou sans avocat. Vous avez porté plainte au tribunal d’instance ou de grande instance suivant l’importance du loyer, attendu plusieurs mois au minimum pour avoir la date de jugement. N’importe, vous commencez à vous énerver, parce que c’est vrai, vous êtes un propriétaire puisque vous louez un logement qui vous appartient, mais vous ne le savez peut être pas : la France n’aime pas les (supposés) riches. Qu’importe si vous même louez le logement que vous occupez, et que vous avez mis toutes vos économies épargnées centime après centime dans cet achat, et que le crédit courant dessus vous prend presque toutes vos ressources, alors même que pour réaliser votre rêve, vous faites moult heures supplémentaires, travaillez le week end dès que cela est possible.

Si votre locataire ne se présente pas à l’audience, mais promet de payer, ou paye un peu, ou seulement argue de difficultés transitoires et demande des mesures adaptées (un paiement différé, ou sur plusieurs mois) : cela suspend la procédure. Si les loyers ne sont toujours pas versés : il faut la réactiver. Puis vient l’hiver, entre novembre et mars : vous ne pouvez pas expulser l’indélicat, quoique vous fassiez. C’est la loi. C’est normal : on n’envoie pas dehors au froid un être humain ; par contre, lorsqu’il fait chaud, on peut le faire, ou s’il fait froid mais que c’est l’été : on le peut également.

Par contre, si votre locataire a plus de 75 ans : vous ne pourrez de toutes façons pas l’expulser. S’il est handicapé : non plus.
Mais voilà, vous avez de la chance : on est en été et le tribunal a ordonné l’expulsion de votre mauvais locataire, et même, vous êtes vraiment super veinard, vous a attribué une somme compensatrice des loyers impayés, que le président a revus à la baisse, étant données les difficultés du pauvre hère : hé oui, il en a parfaitement le droit, malgré tous les papiers et contrat de location en règle que vous auriez pu signer. N’importe, tout ce que vous désirez maintenant, c’est en finir avec cette histoire se prolongeant depuis des années. Qu’il débarrasse le plancher. Et finalement, vous êtes très heureux de pouvoir récupérer votre logement.

Patatras ! Ce n’est pas fini. Comment ? Ah ! Non, les belles histoires qui finissent bien, ou à peu près bien, c’est dans les contes, et le plus souvent pas dans la vie. Là, le tribunal vous a bien alloué une somme pour tous les loyers impayés, mais c’est à vous de la récupérer, via un huissier grassement payé. Evidemment, entre temps, si vous avez le bonheur de ne pas être tombé sur un locataire devenu insolvable, celui-ci aura bien pris soin de partir sans vous laisser sa nouvelle adresse. Je vous souhaite bien du plaisir pour le retrouver.

Non, non. Ce n’est toujours pas terminé. Rappelez-vous : votre locataire est toujours en place, même s’il ne paye ni loyer ni charges. Vous avez un papier du tribunal vous donnant raison et lui ordonnant de partir, mais s’il ne part pas : vous devez là aussi faire appel à un huissier (la loi vous oblige de passer par lui), toujours aussi bien rémunéré : normal, c’est vous qui lui faites gagner sa vie. Donc l’huissier bien payé sonne à la porte du méchant pour lui dire de partir. Celui-ci lui répond : non, et l’homme chargé de dire le jugement s’en va, pas penaud du tout, car il a l’habitude de la chose. Par contre, il n’oubliera pas de vous présenter sa facture.

Etape suivante : vous devez faire appel, via l’huissier, à la force publique, c’est à dire aux policiers. Là, petit problème, il faut que celle-ci veuille bien intervenir. En effet, aussi aberrant que cela puisse paraître, elle peut fort bien le refuser, sous prétexte de trouble de l’ordre public par exemple, ou parce que la mairie refuse d’appliquer les expulsions. Vous devrez donc vous retourner contre l’état refusant d’appliquer la décision judiciaire pour vous faire indemniser. Vous avez déjà été devant le tribunal administratif ? Non ? Alors je vous souhaite bon courage. Mais je pense que d’ici cinq à dix ans vous aurez - peut-être – réussi à expulser votre locataire indélicat. Par contre, pour ce qui est de récupérer ne serait-ce qu’une partie de vos loyers...

Allez, je vous vois très découragé. Pourtant, je vous assure que tout ce déroulement d’actions n’est pas rare du tout. Mais je vais être bon avec vous : tout s’est bien passé, et rapidement (quelques mois d’attente tout de même, ne soyez pas gourmand : c’est vraiment le minimum que la justice puisse faire pour vous). Le locataire est parti, et, ravi, vous retrouvez votre logement. Eh oui, il est quelque peu dévasté, soit que le locataire soit un porc, ou, fâché, ait tout cassé. Là, vous avez de la chance, parce que, même si vous n’avez pas établi un état des lieux à l’entrée du locataire, celui-ci est supposé avoir reçu l’habitation en bon état. Evidemment, il reste à récupérer les sommes dues pour remettre tout en état, donc : huissier pour constater et chiffrer l’étendue des dégâts (vous payez pour ce faire bien sûr), procès, avocat bien payé éventuel, recherche du locataire en espérant qu’il ne soit pas devenu insolvable, que vous le retrouviez bien…

Mais, je vous sens très désappointé par l’état de la justice française. Sachez d’abord que même si le président du tribunal peut beaucoup changer la décision finale (par exemple il peut toujours ou presque donner tort au propriétaire, comme le tribunal de Melun entre autres), il ne fait le plus souvent qu’appliquer la volonté du législateur, c’est à dire de nos politiques. Mais je ne veux pas terminer cette histoire sur cela, et désire vous donner une note de satisfaction : sachez aussi que si vous habitiez en Pologne, vous ne pourriez pas faire partir le locataire sans lui avoir trouvé un autre logement, ce que font parfois nos juges français ; en Islande, c’est pire : pas d’expulsion possible, tout simplement !

Une petite dernière pour la route : si votre logement est inoccupé, mais que vous ne voulez pas le louer à cause de tout ce qui précède, dans certaines villes, l’état peut le réquisitionner pour le louer à votre place, ou vous taxer du fait que vous ne le louez pas (en plus de toutes les taxes et impôts existants évidemment). Il peut aussi se faire qu’une personne vienne forcer votre serrure, la change par la suite, se fasse déclarer auprès d’EDF ; après 48h00, vous ne pouvez l’expulser de votre logement que par tout ce qui précède. C’est ce que l’on appelle un squatter ! Un délice !

Je vois l’étonnement dans vos yeux. Pourtant, vous pouvez vérifier : tout ceci est rigoureusement exact. En général, ceux en étant passés par là ne veulent plus jamais entendre parler de location. On se demande pourquoi.
Ne nous trompons pas de combat. D’abord ne croyez pas que la révélation dans ce livre de tout cela puisse aggraver l’existant. Les petites crapules voulant profiter des dysfonctionnements de la loi savent déjà parfaitement tout cela, et en profitent depuis longtemps pour la plupart. L’extraordinaire, véritablement, est qu’il se trouve en fait tant de locataires honorables, alors que manifestement, en la matière comme en tant d’autres, la malhonnêteté paye !

Egalement, ne croyez pas que mon propos soit de jeter dehors tous les pauvres gens incapables de payer un loyer. Bien au contraire. Voir dormir dehors au froid ou non tant de monde me révulse assez pour que je ne le souhaite nullement. J’ai déjà tant de mal à ne pas avoir honte d’être un humain. Par contre, si toutes les personnes DOIVENT bénéficier d’un logement convenable à habiter, leur carence de paiement ou de respect du logement ne doit en aucun cas être mis au déficit d’un propriétaire particulier, ni même d’une institution comme un office HLM par exemple. C’est une sorte de loto à l’envers, où celui ayant tiré le mauvais numéro paye très cher en argent, énervement, énergie, temps passé à se démêler de son horreur. L’état seul doit payer pour les plus démunis, c’est à dire tous les français, et non le pauvre hère du hasard, qu’il soit petit ou gros propriétaire.